. 5 anecdotes incroyables sur la 505 Turbo que même les fans de Peugeot ne connaissent pas
5 anecdotes incroyables sur la 505 Turbo que même les fans de Peugeot ne connaissent pas
5 anecdotes incroyables sur la 505 Turbo que même les fans de Peugeot ne connaissent pas

5 anecdotes incroyables sur la 505 Turbo que même les fans de Peugeot ne connaissent pas

La Peugeot 505. Pour beaucoup, ce nom évoque une image bien précise : la berline indestructible, confortable, un peu bourgeoise, qui a transporté des familles entières dans les années 80 avant de commencer une seconde vie glorieuse comme reine des pistes africaines. Une image de fiabilité et de sagesse. Mais arrêtez tout. Quand le mot « Turbo » vient se greffer à ce patronyme, l’histoire change. Elle devient plus complexe, plus secrète. On ne parle plus seulement d’une voiture, mais d’une anomalie fascinante dans le paysage automobile français. Une machine conçue avec une double personnalité, capable de déposer les enfants à l’école le matin et de chasser des sportives allemandes l’après-midi. Vous pensez connaître la 505 Turbo ? Vous connaissez sa puissance, sa silhouette discrètement musclée par un kit carrosserie et des jantes spécifiques. Mais ce que vous ignorez probablement, ce sont les histoires qui se cachent dans ses circuits imprimés, ses durites et les coulisses de sa conception. Des secrets qui la rendent encore plus désirable aujourd’hui, à une époque où l’automobile est devenue si prévisible.

Un Moteur au Sang Mêlé

Le cœur de toute voiture de sport, c’est son moteur. Et celui de la 505 Turbo est au centre de la première, et peut-être de la plus grande, de ses anomalies. Posez la question à n’importe quel passionné : ce bloc, c’est un pur Peugeot, n’est-ce pas ? La réponse est un non retentissant qui a le goût du sacrilège pour les puristes. Le fameux moteur « N9T » qui anime la bête n’est pas issu des lignées traditionnelles de Sochaux. Il s’agit en réalité d’un bloc d’origine Simca-Chrysler, un héritage direct du rachat de Chrysler Europe par PSA à la fin des années 70. Ce quatre cylindres de 2155 cm³ est une évolution profonde du moteur qui équipait les confidentielles Talbot Tagora et Murena. Imaginez le tableau : la berline porte-étendard de Peugeot, celle qui devait incarner le savoir-faire maison face à BMW et Mercedes, était animée par un cœur « étranger ». C’était un pari audacieux, dicté par un pragmatisme industriel brillant. Plutôt que de développer un tout nouveau moteur, les ingénieurs de Peugeot Sport ont pioché dans la banque d’organes du groupe et ont transformé ce bloc roturier en une véritable usine à sensations. Greffe d’un turbocompresseur Garrett, ajout d’une injection électronique de pointe, renforcement des pièces mobiles… Le résultat fut une métamorphose. Ce moteur au sang mêlé a donné à la 505 Turbo un caractère unique, une sonorité et une façon de délivrer la puissance qui ne ressemblaient à aucune autre Peugeot. Une preuve que parfois, les meilleures familles sont celles que l’on se crée.

Le Turbo qui Buvait de l’Eau

L’échec de la 505 aux États-Unis est une histoire connue. Mais les raisons et les moyens déployés le sont beaucoup moins. Pour séduire une clientèle américaine exigeante et faire face à des normes antipollution draconiennes, Peugeot ne s’est pas contenté d’adapter quelques pare-chocs. Pour sa 505 Turbo, la marque a sorti l’artillerie lourde avec une solution technique digne d’une voiture de course : l’injection d’eau. Oui, vous avez bien lu. Sur les modèles américains (N9TE), pour conserver un niveau de performance acceptable tout en respectant les contraintes environnementales et en utilisant un carburant à plus faible indice d’octane, Peugeot a installé en série un système d’injection d’eau dans la tubulure d’admission. Cette technologie, directement issue de la compétition, permet de refroidir de manière significative la température de l’air admis, repoussant ainsi le cliquetis et permettant de conserver une pression de suralimentation élevée sans risquer la casse mécanique. C’était une solution incroyablement sophistiquée pour une berline de série en 1985, un gadget de sorcier que même des constructeurs plus réputés pour leur ingénierie n’osaient pas proposer au grand public. Malheureusement, cette merveille de technologie n’a pas suffi à percer sur un marché où l’image de marque et la taille du réseau de distribution faisaient loi. La 505 Turbo américaine reste le témoin d’une ambition folle et d’une ingéniosité qui n’a pas trouvé son public.

SpécificationPeugeot 505 Turbo (US Spec)BMW 528e (E28)Saab 900 Turbo 16SMoteur4-cyl. Turbo + Injection d’eau6-cyl. en ligne4-cyl. TurboCylindrée2155 cm³2693 cm³1985 cm³Puissance~150-180 ch~121 ch~175 chCouple~258 Nm~230 Nm~273 NmTechnologie CléInjection d’eauMoteur « eta » bas régimeAPC (Automatic Performance Control)PhilosophiePerformance à la françaiseEfficience et coupleSécurité et innovation suédoise

Danielson, le Sorcier qui Libéra 200 Chevaux sur Ordonnance

Bien avant que Peugeot ne décide de donner un dernier coup de fouet à sa 505 Turbo avec la version « Série 2 » de 180 chevaux, la demande pour plus de puissance grondait déjà chez les concessionnaires et les clients les plus sportifs. Face à une concurrence allemande de plus en plus féroce, les 150 puis 160 chevaux de la première phase semblaient un peu justes. C’est ici qu’entre en scène une légende de la préparation française : Danielson. Le célèbre motoriste, connu pour ses exploits sur les circuits, s’est penché sur le cas de la 505 Turbo à la demande de certains concessionnaires du réseau. Le résultat fut une série très limitée, presque confidentielle, préparée sur la base des modèles de 160 chevaux. Le travail de Danielson était digne de la haute couture mécanique : optimisation du turbo, travail sur la culasse, réglage fin de l’injection… La puissance grimpait à la barre symbolique des 200 chevaux. Ces modèles « Danielson » étaient des créatures rares, des secrets d’initiés. Elles n’avaient aucun badge spécifique, seule la facture et le comportement volcanique de l’auto trahissaient leur pedigree. Posséder une 505 Turbo Danielson, c’était faire partie d’un club exclusif, celui des connaisseurs qui avaient eu accès à la version ultime de la berline sochalienne, bien avant que le constructeur ne s’en approche lui-même. Aujourd’hui, en dénicher une relève de l’archéologie automobile.

Évolution de la PuissanceAnnée (approx.)PuissanceCoupleParticularitéPhase 11983150 ch235 NmPremière versionPhase 1 (Intercooler)1984160 ch245 NmAjout d’un échangeur air-airPréparation Danielson1985~200 ch~300 NmSérie très limitée, non-officiellePhase 2 (Série 2)1986180 ch278 NmVersion officielle la plus puissante

La Bête de Piste Oubliée

Quand on pense « Peugeot » et « compétition » dans les années 80, un seul nom vient à l’esprit : 205 Turbo 16. L’icône absolue du Groupe B a tellement cannibalisé la lumière qu’elle a plongé dans l’ombre une autre bête de course fascinante : la 505 Turbo de circuit. Dès 1982, Peugeot Talbot Sport a engagé des versions affûtées de sa grande berline dans le spectaculaire Championnat de France de Supertourisme. Oubliez l’image de la berline chic. On parle ici de monstres aux ailes bodybuildées, vidées jusqu’à l’os, posées sur des roues immenses. Sous le capot, le moteur N9T, poussé dans ses derniers retranchements par les ingénieurs de Vélizy, crachait près de 400 chevaux dans un sifflement de turbo démoniaque. Pilotées par des légendes comme Jean-Pierre Beltoise ou Jean-Pierre Jabouille, ces 505 de course se battaient férocement contre les BMW 635 CSi et les Chevrolet Camaro. Ce programme de compétition était bien plus qu’une simple vitrine. Il a servi de laboratoire roulant essentiel pour le développement de la 505 Turbo de série et, plus largement, pour valider des technologies de suralimentation qui allaient servir plus tard au programme T16. La 505 de Supertourisme est le chaînon manquant, le parent pauvre de l’histoire sportive de Peugeot, un guerrier de l’asphalte injustement oublié.

La Berline du Président avec un Réacteur dans le Coffre

L’histoire liant Peugeot et la présidence de la République française est longue et bien documentée. Sous le septennat de François Mitterrand, la 505 a eu les honneurs de la cour de l’Élysée, avec des versions V6 blindées conçues spécialement pour le transport du chef de l’État. Mais une rumeur persistante, un véritable fantasme d’initié, court depuis des décennies sur une version bien plus spéciale. La légende veut qu’en plus des limousines officielles, le GSPR (Groupe de Sécurité de la Présidence de la République) ait commandé ou du moins testé une version d’intervention rapide basée sur la 505 Turbo. L’idée ? Disposer d’une voiture d’escorte à l’apparence banale mais aux performances explosives, capable d’extraire le cortège d’une situation délicate ou de poursuivre une menace. Aucune preuve formelle n’a jamais été apportée, aucun document officiel n’a fuité. Et c’est précisément ce qui rend cette anecdote si savoureuse. Elle incarne à la perfection la double nature de la 505 Turbo : une voiture suffisamment statutaire pour l’Élysée, mais avec un potentiel de performance si élevé qu’elle a pu nourrir les rêves d’une « voiture de James Bond » à la française. Vrai ou faux, ce récit fait partie intégrante de la mythologie de la 505 Turbo, la consacrant comme la « Sleeper » ultime, la berline discrète qui cachait, peut-être même au plus haut sommet de l’État, un cœur de sprinteuse.

Cette machine était décidément bien plus qu’une simple voiture. C’était un projet complexe, une toile sur laquelle des ingénieurs, des préparateurs et des pilotes ont pu exprimer leur talent, souvent dans l’ombre. La Peugeot 505 Turbo est une voiture de secrets, et c’est cette profondeur inattendue qui, près de quarante ans plus tard, la rend absolument irrésistible.

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